FDLR : la traque plombée

Alors que le monde avait retenu son souffle pour vivre le début des opérations de désarmement forcé des éléments des FDLR par les troupes régulières des FARDC et celles de la Brigade spéciale de la Monusco, voilà qu‟un rapport de l‟ONU vient de révéler les obstacles qui se dressent sur le chemin de cette initiative qui devrait démarrer le 2 janvier dernier. Un rapport bien fouillé et documenté car mené depuis quelques temps par des experts patentés ayant sillonné monts et vallées dans le grand Kivu où vivent ces éléments armés irréguliers rwandais dont la présence a toujours servi de prétexte fallacieux et mensonger au régime du FPR au pouvoir à Kigali pour créer à souhait et à tour des bras des mouvements rebelles pour camoufler les opérations maffieuses des pillages des ressources naturelles de la RDC, assassinats, massacres et destructions méchantes. Les experts de l‟ONU notent qu‟en cas d‟opérations de désarmement forcé, il y aura des nombreuses victimes innocentes parmi les réfugiés rwandais et surtout des déplacements massifs des populations congolaises environnantes. Complicités avec les FARDC
Depuis le déclenchement de ces multiples mouvements de rébellion pro rwandaise en RDC en 1996, les activistes des ONG de défense des droits de l‟homme tant locales qu‟internationales avaient toujours soutenu, preuves palpables à l‟appui, que ces éléments des FDLR bénéficiaient des appuis solides de la part certains groupuscules des FARDC. Raison pour laquelle, ils se livraient à des actes des pillages des ressources naturelles, notamment l‟or, le coltan, le bois rare pour le compte de certains officiers supérieurs et autorités administratives et politiques tapis dans l‟ombre de Kinshasa, en échange d‟armes et munitions de guerre. Dans les territoires de Walikale, Masisi, Rutshuru, Lubero, il existe des sites miniers exploités conjointement par des éléments des FDLR, FARDC, MAI MAI pour le compte des groupes maffieux bénéficiant des complicités au plus haut niveau du commandement militaire et politique. Des avions de marque Antonov atterrissent et décollent nuit et jour pour livrer des produits finis, notamment des boissons alcoolisées, vivres secs et frais importés d‟Asie et d‟Europe, produits de beauté, pièces de rechange pour véhicules et motos, médicaments, armes et munitions de guerre en échange des minerais. On assiste toujours à des scènes incroyables de troc entre les éléments FDLR, FARDC, MAI MAI et les équipages des ces aéronefs au niveau des multiples aérodromes érigés sur des pistes en terre battue parfois éclairées la nuit par des phares des véhicules 4X4 pour guider les pilotes. Il est établi que les radars installés dans les différentes tours de contrôle des principaux aérodromes et aéroports de la République, notamment Kinshasa, Kisangani, Mbuji Mayi, Kananga, Lubumbashi, Goma, Bukavu, Kindu surveillent étroitement tous les mouvements de n‟importe quel aéronef survolant l‟espace aérien de la République et même des Etats voisins. Cela, de nuit comme de jour. Les services de sécurité civile et militaire opérant sur ces aérodromes sont suffisamment renseignés et avertis sur la marque des aéronefs et parfois l‟identité des membres des équipages et des cargaisons contenues tant à l‟atterrissage qu‟au décollage. Ce que ce rapport a délibérément omis, c‟est la présence des agents des services de sécurité du Rwanda et de l‟Ouganda dans les différents campements de ces éléments des FDLR, notamment ceux qui avaient effectué un passage au centre de démobilisation, rééducation et réinsertion de Mutobo au Rwanda. Après six mois de recyclage dans ce centre, certains d‟entre eux sont officiellement reversés dans la vie civile mais, en fait ils sont ensuite renvoyés dans les campements des FDLR au Congo pour servir d‟agents pour le compte des services de sécurité rwandaise. Ils se livrent ainsi à ce trafic maffieux que les stratèges du FPR exploitent pour maintenir ce climat de ni paix ni guerre en RDC. Présence des dépendants et réfugiés dans les camps des FDLR
De nombreux dépendants et autres réfugiés rwandais servent de boucliers humains pour le compte de certains chefs des FDLR sérieusement impliqués dans le génocide de 1994. Ils sont aussi utilisés pour des travaux dans les carrières minières, des tâches domestiques, commerciales et agropastorales. Ce sont eux qui effectuent de temps en temps des voyages vers le Rwanda pour construire des maisons et rendre visite à leurs parents. Un autre écueil à ce programme de désarmement forcé, c‟est le fait que l‟élite politique et militaire des FDLR n‟habite pas dans les campements. C‟est pourtant elle qui sillonne les capitales occidentales sous couvert des réfugiés politiques et pour négocier la vente des minerais exploités en RDC. C‟est elle qui s‟oppose farouchement au programme de démobilisation tant qu‟il n‟y aura pas des négociations directes avec Kigali. En clair, elle s‟adonne malicieusement au jeu malsain de ping-pong avec leurs complices du FPR pour poursuivre leur sale boulot de pillages des ressources minérales du Congo dont elle partage les bénéfices avec certains hommes d‟affaires et officiers supérieurs du Rwanda. Par ailleurs, ceux des combattants démobilisés sont moins gradés et frappés par la limite d‟âge. Les plus jeunes n‟habitent pas dans les campements car exerçant le trafic des minerais et autres produits dans les villes de Goma, Bukavu, Beni, Butembo et etc.
La main de Kigali
La main de Kigali est très visible car le trafic maffieux alimente son économie. Que d‟officiers supérieurs rwandais, hommes politiques et d‟affaires n‟ont-ils pas été cités dans des rapports de l‟ONU comme soutiens de ce trafic des matières précieuses. Le cas le plus édifiant est celui du général Bosco Ntaganda qui s‟est retrouvé en possession de 450 Kgrs d‟Or qu‟il avait vendu à des hommes d‟affaires provenant de Lagos par un aéronef battant pavillon nigérian à la rondelette somme de six millions des dollars Us ! Une affaire qui avait alimenté la chronique sociopolitique et fait couler pas mal d‟encre et de salive jusqu‟à ce que les autorités judiciaires de Kinshasa se soient prononcées en sa faveur. Ce tonnage d‟or provenait des carrières minières exploitées par des éléments des FDLR en échange d‟armes et munitions de guerre livrées par Kigali. Que d‟officiers généraux rwandais ne sont-ils pas cités dans ce trafic maffieux des minerais avec les FDLR. On comprend alors ce jeu de ping-pong entre FDLR et Kigali : celui-là exige des négociations directes tandis que celui-ci y oppose farouchement une fin de non recevoir et ne cesse d‟alimenter l‟autre en armes et munitions de guerre.

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